Les pratiques inclusives
Quelles sont les conditions de base des pratiques inclusives?
Pour favoriser la pleine participation des personnes réfugiées et immigrantes, il faut :
- Éliminer les barrières à la participation
- Créer les conditions accueillantes
- Tenir compte des besoins, des préférences, des enthousiasmes, et des contraintes, des personnes concernées
- Impliquer les personnes concernées dans les processus et les décisions
Mais, pour cela, il faut d’abord reconnaitre les freins à la pleine participation qui existent à tous les niveaux de responsabilité.
Capacités et aspirations
Par exemple, une méconnaissance de la langue ou d’un réseau.
Les institutions
Des politiques contraignantes ou une absence de processus pour favoriser la reconnaissance.
Le contexte politico-culturel
Le racisme systémique et les enjeux de protection de la langue française.
Par quoi peut-on commencer?
Voici quelques questions que vous pouvez vous poser pour commencer.
Si les personnes immigrantes ne participent pas, c’est qu’il y a une raison : l’engagement est parfois un luxe, ou il peut être empreint de traumas passés. L’engagement des personnes réfugiées et immigrantes (si soutenu, adapté, accessible et avec des ressources) leur permet de définir elles-mêmes ce qui les intéressent. Ainsi, la réciprocité est nécessaire pour assurer un renouvellement des pratiques pour véritablement prendre en compte les situations qui évoluent des personnes réfugiées et immigrantes.
Sortir du travail en silo est possible grâce à l’action intersectorielle (i.e. la création d’espaces de rencontre entre les acteurs qui agissent, par exemple, en santé et services sociaux, éducation, emploi…). Celle-ci permet d’être plus efficace en ayant rapidement un impact sur le plan local et ainsi mieux répondre aux besoins des personnes dans leur globalité.
L’action intersectorielle non seulement facilite, mais elle est une condition pour l’accès à l’exercice et à la protection des droits, contribuant à l’inclusion et à la paix sociale.
Elle permet aussi de mieux se connaître et de reconnaître l’action des différents acteurs aux différents niveaux d’intervention et de décision : local, régional, provincial, municipal et interministériel.
En se rassemblant, les acteurs assemblent également leurs idées, leurs pratiques et leurs pistes de solution pour faire bouger les choses.
L’auto-organisation laisse la pleine autonomie aux personnes pour développer des solutions créatives à des situations qu’elles vivent personnellement. Ainsi, les initiatives par, pour et avec fonctionnent mieux, permettent la création de liens de confiance et mènent vers de meilleurs résultats.
L’auto-organisation valorise l’expertise expérientielle des personnes. En s’engageant avec des personnes qui ont vécu des expériences similaires, les personnes sont mieux outillées pour agir et trouver les solutions qui répondent aux enjeux qui les touchent.
Mais le partage d’expériences dans le cadre de l’auto-organisation va au-delà de l’exposition de sa propre vulnérabilité ou de la victimisation. Au-delà de la démarche individuelle, il y a un bénéfice collectif. C’est une pratique dont la validité est reconnue autant dans les milieux d’intervention que dans les milieux scientifiques.
Comment favoriser la pleine participation des personnes immigrantes?
Favoriser la pleine participation des personnes immigrantes se fait par des actrices et acteurs dans tous les milieux et à toutes les échelles de la participation citoyenne. La responsabilité des pratiques inclusives doit être assumée à tous les niveaux et dans tous les secteurs de la société.
Voici les caractéristiques et des exemples de pratiques inclusives. Ce ne sont que quelques exemples; la variété des pratiques et les opportunités pour innover sont infinies.
Exemple : dans la région de l’Outaouais, Black Hub Noir mène des ateliers de sensibilisation dans les entreprises sur la discrimination et le racisme anti-Noirs.
Exemple : dans certaines municipalités, des personnes issues de l’immigration sont présentes dans différents comités en relation avec la politique municipale.
Exemple : des organismes effectuent la traduction de documents ou délivrent des informations dans différentes langues pour que l’intégration et la familiarisation avec la communauté d’accueil ne reposent pas que sur la maîtrise totale du français.
Exemple : un centre de pédiatrie sociale met de l’avant les femmes comme agentes de multiplication dans la communauté (par réseaux WhatsApp, dans des comités).
Exemple : le Service d’aide à la famille immigrante de la MRC de L’Assomption (SAFIMA) et le Centre d’accueil et de référence sociale et économique pour immigrants St Laurent (CARI St Laurent) ont mis en place un jumelage linguistique, culinaire et interculturel entre nouveaux arrivants et des personnes de la société d’accueil.
Exemple : SAFIMA est en contact direct avec les employeurs pour que des personnes immigrantes puissent faire des stages en milieu professionnel.
Bien sûr, une pratique peut, par exemple, agir à la fois sur les conditions structurelles de la participation et sur le développement du pouvoir d’agir.
Que se passe-t-il si nous ne le faisons pas?
La pleine participation va dans les deux sens. Cependant, la pleine volonté des personnes immigrantes, bien que nécessaire, est insuffisante en l’absence d’opportunités réalistes (c’est-à-dire le plein accès aux milieux collectifs, institutionnels et, éventuellement, de délibération et de décision du pays d’accueil).
En l’absence de pratiques inclusives qui favorisent la pleine participation, les conséquences négatives sont nombreuses tant sur le plan individuel, municipal, provincial que sociétal.
L’isolement social est un des freins à la participation efficace des personnes aux démarches de base (recherche d’emploi et du logement) et aux milieux de travail, d’éducation ainsi que des milieux sociaux et culturels. Or, le coût de l’exclusion pour les personnes immigrantes, en termes des séquelles physiques et psychiques, est important.
L’importance première du relationnel (du lien social) dans le maintien d’un bon équilibre psychosocial est frappante, et cela pour tous, car les personnes ne font pas que travailler dans une société d’accueil. Elles vivent dans la société et ont des aspirations propres. Lorsque les personnes réfugiées et immigrantes participent de différentes façons et dans différentes sphères, elles contribuent activement à la société.
Que se passe-t-il lorsque nous travaillons ensemble?
Nous développons le « pouvoir d’agir » des personnes immigrantes. Ainsi, elles peuvent gagner en compétences et en confiance à travers leur engagement dans la société.
Aussi, nous créons les conditions nécessaires à la pleine participation en :
- Éliminant les barrières à la participation
- Créant des conditions accueillantes
- Tenant compte des besoins, des préférences, des enthousiasmes et des contraintes des personnes concernées
- Impliquant les personnes concernées dans les processus et les décisions
Voici quelques histoires de réussite qui illustrent ce pouvoir d’agir et ces conditions.
« J’ai également beaucoup aimé les initiatives des immigrants pour les immigrants. Ce qu’on appelle l’auto-organisation. »
« Je suis responsable d’un projet […] d’employabilité et je travaille pour aider les personnes à trouver un emploi, justement pour ne pas passer par toutes les difficultés que j’ai passées avant de trouver un emploi. Et, c’est ça, c’est très bien. C’est enrichissant. »
« [L’expérience en région] c’est un espace assez réduit où tout le monde se connait, avec une collaboration entre différents services. Le fait de bien se connaitre permet de mieux référer. »
Qui d’autre travaille sur cette question?
De nombreuses organisations travaillent sur la question de la pleine participation.
Pour n’en citer que quelques-unes, la TCRI offre, entre autres, des formations aux intervenantes et intervenants de première ligne à Montréal et dans différentes régions du Québec.
Aussi, le Conseil Interculturel de Montréal (CIM) et le MIFI au Québec (plus spécifiquement par le biais du « Programme d’accompagnement et de soutien à l’intégration » [PASI]) ont lancé des initiatives destinées à favoriser la pleine participation des personnes immigrantes à la vie collective.
Pour une étude approfondie des pratiques inclusives, vous pouvez consulter les ressources suivantes :
• Module sur les Pratiques inclusives soutenant la pleine participation
Parlons-en avec nos collègues
Nous vous encourageons à consulter dès maintenant le Guide pour accompagner l’implantation de bonnes pratiques développé par le Service de courtage et de transfert des connaissances et des pratiques de pointe du CIUSS de l’Estrie-CHUS.
Une fois le guide parcouru, identifiez où vous en êtes. Puis, avec vos collègues, pouvez-vous identifier les prochaines étapes ou mesures à mettre en œuvre?
Nous vous remercions d’avoir pris le temps de prendre part à la conversation sur la participation des personnes immigrantes dans la société québécoise.
Pour en savoir plus sur la pleine participation et les bonnes pratiques déjà existantes, nous vous encourageons à consulter les ressources disponibles.
