Les pratiques inclusives

Quelles sont les conditions de base des pratiques inclusives?

Pour favoriser la pleine participation des personnes réfugiées et immigrantes, il faut :

  • Éliminer les barrières à la participation
  • Créer les conditions accueillantes
  • Tenir compte des besoins, des préférences, des enthousiasmes, et des contraintes, des personnes concernées
  • Impliquer les personnes concernées dans les processus et les décisions

Mais, pour cela, il faut d’abord reconnaitre les freins à la pleine participation qui existent à tous les niveaux de responsabilité.

Capacités et aspirations

Par exemple, une méconnaissance de la langue ou d’un réseau.

Les institutions

Des politiques contraignantes ou une absence de processus pour favoriser la reconnaissance.

Le contexte politico-culturel

Le racisme systémique et les enjeux de protection de la langue française. 

Par quoi peut-on commencer?

Voici quelques questions que vous pouvez vous poser pour commencer.

Comment favoriser la pleine participation des personnes immigrantes?

Favoriser la pleine participation des personnes immigrantes se fait par des actrices et acteurs dans tous les milieux et à toutes les échelles de la participation citoyenne. La responsabilité des pratiques inclusives doit être assumée à tous les niveaux et dans tous les secteurs de la société.

Voici les caractéristiques et des exemples de pratiques inclusives. Ce ne sont que quelques exemples; la variété des pratiques et les opportunités pour innover sont infinies.

Exemple : dans la région de l’Outaouais, Black Hub Noir mène des ateliers de sensibilisation dans les entreprises sur la discrimination et le racisme anti-Noirs.

Exemple : dans certaines municipalités, des personnes issues de l’immigration sont présentes dans différents comités en relation avec la politique municipale.

Exemple : des organismes effectuent la traduction de documents ou délivrent des informations dans différentes langues pour que l’intégration et la familiarisation avec la communauté d’accueil ne reposent pas que sur la maîtrise totale du français.

Exemple : un centre de pédiatrie sociale met de l’avant les femmes comme agentes de multiplication dans la communauté (par réseaux WhatsApp, dans des comités).

 

Exemple : le Service d’aide à la famille immigrante de la MRC de L’Assomption (SAFIMA) et le Centre d’accueil et de référence sociale et économique pour immigrants St Laurent (CARI St Laurent) ont mis en place un jumelage linguistique, culinaire et interculturel entre nouveaux arrivants et des personnes de la société d’accueil.

Exemple : SAFIMA est en contact direct avec les employeurs pour que des personnes immigrantes puissent faire des stages en milieu professionnel.

Bien sûr, une pratique peut, par exemple, agir à la fois sur les conditions structurelles de la participation et sur le développement du pouvoir d’agir.

« Dans mon église, avant la pandémie, j’ai rencontré plusieurs personnes parce qu’après la messe, il y a une sorte de cafétéria où on peut acheter une collation, quelque chose, et on s’assied et on parle, et les gens sont très sympathiques. Quand on est nouveau, ils demandent d’où on vient et ils nous accueillent et nous font se sentir intégrés dans cette société qu’ils ont déjà, parce que ce sont des gens qui vivent ici à Montréal depuis 10, 20, 30, 40 ans et ils nous parlent de leurs expériences et ils nous encouragent en nous disant qu’on va y arriver, que Dieu est grand, et ainsi de suite. »
M. (Pérou)

Que se passe-t-il si nous ne le faisons pas?

La pleine participation va dans les deux sens. Cependant, la pleine volonté des personnes immigrantes, bien que nécessaire, est insuffisante en l’absence d’opportunités réalistes (c’est-à-dire le plein accès aux milieux collectifs, institutionnels et, éventuellement, de délibération et de décision du pays d’accueil).

En l’absence de pratiques inclusives qui favorisent la pleine participation, les conséquences négatives sont nombreuses tant sur le plan individuel, municipal, provincial que sociétal.

L’isolement social est un des freins à la participation efficace des personnes aux démarches de base (recherche d’emploi et du logement) et aux milieux de travail, d’éducation ainsi que des milieux sociaux et culturels. Or, le coût de l’exclusion pour les personnes immigrantes, en termes des séquelles physiques et psychiques, est important.

L’importance première du relationnel (du lien social) dans le maintien d’un bon équilibre psychosocial est frappante, et cela pour tous, car les personnes ne font pas que travailler dans une société d’accueil. Elles vivent dans la société et ont des aspirations propres. Lorsque les personnes réfugiées et immigrantes participent de différentes façons et dans différentes sphères, elles contribuent activement à la société.

« On voit la question du français, le Québec comme une société minoritaire qui doit défendre son identité, sa culture […]. Défendre sa culture face à une majorité. On a plus de la difficulté à se voir comme un oppresseur! Ou à voir un souci de discrimination envers les minorités. […] Comment on soutient un groupe minoritaire en reconnaissant la dynamique avec d’autres minorités? »
Les freins à la pleine participation

Que se passe-t-il lorsque nous travaillons ensemble?

Nous développons le « pouvoir d’agir » des personnes immigrantes. Ainsi, elles peuvent gagner en compétences et en confiance à travers leur engagement dans la société.

Aussi, nous créons les conditions nécessaires à la pleine participation en : 

  • Éliminant les barrières à la participation
  • Créant des conditions accueillantes
  • Tenant compte des besoins, des préférences, des enthousiasmes et des contraintes des personnes concernées
  • Impliquant les personnes concernées dans les processus et les décisions

Voici quelques histoires de réussite qui illustrent ce pouvoir d’agir et ces conditions.

« J’ai également beaucoup aimé les initiatives des immigrants pour les immigrants. Ce qu’on appelle l’auto-organisation. »

« Je suis responsable d’un projet […] d’employabilité et je travaille pour aider les personnes à trouver un emploi, justement pour ne pas passer par toutes les difficultés que j’ai passées avant de trouver un emploi. Et, c’est ça, c’est très bien. C’est enrichissant.  »

« [L’expérience en région] c’est un espace assez réduit où tout le monde se connait, avec une collaboration entre différents services. Le fait de bien se connaitre permet de mieux référer. »

Qui d’autre travaille sur cette question?

De nombreuses organisations travaillent sur la question de la pleine participation.

Pour n’en citer que quelques-unes, la TCRI offre, entre autres, des formations aux intervenantes et intervenants de première ligne à Montréal et dans différentes régions du Québec. 

Aussi, le Conseil Interculturel de Montréal (CIM) et le MIFI au Québec (plus spécifiquement par le biais du « Programme d’accompagnement et de soutien à l’intégration » [PASI]) ont lancé des initiatives destinées à favoriser la pleine participation des personnes immigrantes à la vie collective.

Pour une étude approfondie des pratiques inclusives, vous pouvez consulter les ressources suivantes :

• Fiche synthèse du Labo 4 
• Fiche synthèse du Labo 5 

Parlons-en avec nos collègues

Nous vous encourageons à consulter dès maintenant le Guide pour accompagner l’implantation de bonnes pratiques développé par le Service de courtage et de transfert des connaissances et des pratiques de pointe du CIUSS de l’Estrie-CHUS.

Une fois le guide parcouru, identifiez où vous en êtes. Puis, avec vos collègues, pouvez-vous identifier les prochaines étapes ou mesures à mettre en œuvre? 

Nous vous remercions d’avoir pris le temps de prendre part à la conversation sur la participation des personnes immigrantes dans la société québécoise.

Pour en savoir plus sur la pleine participation et les bonnes pratiques déjà existantes, nous vous encourageons à consulter les ressources disponibles.