Auto-organisation intersectorielle des personnes immigrantes

Toutes les personnes immigrantes au Canada ont des parcours de migration et des réalités différentes. Pour prendre en compte leurs vécus propres, il est important que les personnes réfugiées et immigrantes aient la possibilité de s’engager et de développer par et pour soi les réponses à leurs enjeux de vie.   

L’auto-organisation permet aux personnes de participer dans un cadre favorisant le sentiment de confiance

Dans un contexte où il existe, pour certaines personnes, une rupture de confiance avec les institutions officielles, le fait de s’auto-organiser constitue une étape pour développer graduellement des liens. La participation étant un processus non linéaire, cette volonté d’auto-organisation peut apparaître à tout moment dans le parcours des personnes faisant face à des expériences ou à des situations particulières. Les personnes peuvent éprouver le besoin de se retrouver entre semblables avant d’expliquer la situation vécue de façon plus large : en effet, l’auto-organisation laisse la pleine autonomie aux personnes pour développer des solutions créatives à certaines situations. Ainsi, les initiatives par, pour et avec mènent à de meilleurs résultats en permettant la création de liens de confiance. 

L’auto-organisation permet aux personnes de se sentir à l’aise de participer

Elle permet la valorisation de leur cadre de référence et la reconnaissance de ce que leurs compétences peuvent apporter à la société. L’inclusion implique d’avoir un cadre de référence dynamique de la société. Il s’agit d’être flexible et de s’adapter en fonction des interactions. La question n’est pas de considérer les cadres de référence de départ (comme des facteurs d’exclusion), mais de les rendre réceptifs à la différence. En effet, quand les conditions de participation sont très rigides, l’auto-organisation permet de les flexibiliser en soutenant les personnes pour qu’elles donnent le meilleur d’elles-mêmes à partir de leurs propres valeurs et compétences. Ainsi, le cadre de référence de la société d’accueil peut évoluer avec les personnes réfugiées et immigrantes. De la même manière, le contexte socioculturel des personnes peut évoluer dans leur parcours au sein de la société d’accueil, en s’inspirant les uns des autres.  

L’auto-organisation valorise l’expertise expérientielle, reconnaissant savoirs et vécus

Lorsqu’il y a un engagement avec d’autres ayant vécu des expériences similaires, les personnes sont mieux outillées pour agir et trouver des solutions. De plus, le partage d’expériences dans le cadre de l’auto-organisation va au-delà de l’exposition de sa propre vulnérabilité ou de la victimisation : il y a un bénéfice collectif (au-delà de la démarche individuelle).

Zoom sur Hub Noir et le soutien par et pour des personnes afrodescendantes en Outaouais 

613-819 Hub Noir est un organisme au sein duquel des personnes afrodescendantes en Outaouais se rassemblent pour mener des actions et du plaidoyer. L’un des domaines d’intérêt est la santé mentale et de la lutte contre le racisme anti-Noir. L’association a lancé, en 2021, une recherche pour offrir des approches pour la compassion dans l’intervention auprès d’individus vivant des crises de santé mentale. Cette initiative a donné lieu au rapport Alternatives for a Safer Ottawa: Non-police mental health crisis response. L’organisation continue d’offrir des formations aux gestionnaires sur les meilleures pratiques aidant à combattre le racisme anti-Noir, incluant des réflexions sur l’environnement professionnel et la facilitation de l’accompagnement personnalisé. Hub Noir a également servi de porte-parole pour verbaliser certaines préoccupations de ses membres lors du Freedom Convoy, des élections municipales d’Ottawa de 2022. L’organisme continue d’offrir de l’information et du soutien. Ses membres organisent également, depuis 2020, une formation continue, la Freedom School, pour que des activistes et des personnes engagées puissent transmettre leur savoir aux nouvelles générations.